L’analyse des données – Data against Covid-19

Les données sont essentielles pour améliorer notre qualité de vie

Alors que la transformation digitale s’accélère, collecter et analyser les données permet d’adapter ses processus, de prévoir de nouvelles stratégies, d’améliorer l’expérience client mais aussi d’améliorer le monde de demain. Pourquoi les données sont-elles si importantes pour les entreprises ?

Frédéric Lhostte : “Toutes les entreprises ont énormément de données. L’objectif est d’utiliser ces données pour aider ces entreprises à devenir plus intelligentes. On utilise les données pour produire un résultat. Elles permettent, en interne, d’être plus efficaces et de résoudre des problèmes. En externe, elles permettent de créer de nouveaux business modèles et d'améloirer l'expérience clients ou encore de répondre aux problèmes de demain tels que l’économie circulaire. Le tout est de définir un objectif stratégique pour déterminer au préalable quelle utilisation sera faite des données, ce qui est souvent sous-estimé dans ce type de projet. Les données nous permettent de mieux comprendre le passé pour de ne pas reproduire les mêmes erreurs et mieux anticiper le futur dans l’intérêt des entreprises mais aussi du bien-être général.”

Les entreprises peuvent-elle se passer des données aujourd’hui ?

“Je ne pense pas. Toutes les entreprises, peu importe le secteur, sont concernées. À l’heure de la transformation digitale, si une entreprise n’investit pas dans la collecte, la qualité et l’analyse des données, elle ne sera pas prête pour le futur. Aujourd’hui, tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut se transformer et que cela passe (tout ou en partie) par la digitalisation. La question à se poser est de savoir comment acquérir les compétences pour le faire de la manière la plus efficace.”

Frédéric Lhostte, Head of IoT and Analytics chez Proximus

est Ingénieur commercial. Passionné par l’innovation, les nouvelles tendances et l’impact des nouvelles technologies dans notre vie quotidienne. Il a rejoint Proximus en 1998 en tant que product manager ADSL. Il a ensuite œuvré dans les opérations et le département stratégie. Il fait partie du département IoT & Analytics depuis 2010.

Comment une entreprise peut-elle gérer la collecte et l’analyse des données ?

“Le coup d’envoi doit d’abord venir du sommet de la ligne stratégique. Des personnes doivent être dédiées à cela en interne avec comme objectif de tirer parti des données, à grande vitesse et à grande échelle, pour libérer leur valeur.”

  • Contrôler la qualité et la disponibilité des données
  • Adapter l’organisation sur le plan de l’automatisation, de l’analyse et de l’IA
  • Prioriser chaque projet

“Chaque entreprise va devoir également trouver le bon équilibre entre investir dans des compétences internes et utiliser des sociétés externes expertes en la matière. Comment garder la maîtrise de l’analyse de ses données tout en profitant de la puissance de l’écosystème de sociétés spécialisées ?”

Concrètement, quelles sont les différentes sources de données disponibles pour les sociétés ?

“En interne, une entreprise possède déjà de nombreuses données dans le cadre ses activités (par exemple la carte de fidélité et les systèmes EDI dans le secteur du retail). Ensuite, de nouvelles données peuvent être ajoutées au travers de solutions IoT (par exemple des capteurs pour mesurer la performance des machines dans le secteur industriel).” “En externe, des données peuvent aussi être achetées ou en 'open data' ce qui signifie qu’elles sont disponibles gratuitement comme par exemple l’office national des statistiques (Statbel) ou des flux de données météo. Chaque entreprise possède énormément de données et peut en collecter encore plus si elle veut. Ce qu’il faut garder à l’esprit est que la pertinence des données collectées dépend de l’usage et de l’analyse que l’on va en faire.”

“49 % des entreprises déclarent que les effets de la transformation digitale se font sentir dans leur secteur. En 2015 ils n’étaient que 15 %.”

Frédéric Lhostte

Vous avez des exemples ?

“Nous travaillons avec JCDecaux. L’affichage publicitaire physique doit totalement se transformer et les données aident à se réinventer. Les annonceurs privilégient les campagnes digitales ciblées sur internet et délaissent les campagnes sur écrans publicitaires physiques connectés et disposés dans des shoppings. Comment changer la donne ? JC Decaux avait ses propres données mais il leur manquait des données d’audience par écran publicitaire. C’est ce que nous avons pu réaliser ensemble grâce à des nouvelles données de présence autour des écrans au travers de capteurs IoT, des données générales de notre réseau mobile (données externes à JC Decaux) et des 'open data' sur les classes sociales par commune de Statbel). En combinant ces paramètres de manière statistique et anonyme, nous pouvons définir les grandes caractéristiques d’audience qui passe devant les écrans et à quelle heure. Cela donne un modèle qui permet de cibler au plus juste la diffusion des publicités. Dans ce cas, les données permettent de créer un nouveau business model dans l’affichage publicitaire physique.” “Dans le secteur du retail, nous travaillons avec l’outlet Maasmechelen Village. La solution mise en place permet d'établir, sans enfreindre les règles de protection de la vie privée, combien de gens s’y rendent, d’où ils viennent et leur classe sociale. Cela permet de valoriser au mieux juste leurs surfaces commerciales.” “Dernièrement, nous avons travaillé avec la SNCB pour mesurer le nombre de personnes qui passent dans les gares en temps réel afin de fluidifier et prévoir le trafic sur base de modèles de Machine Learning. Les applications sont très nombreuses et ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres.”

“Dans le secteur de la santé publique, très concrètement, on peut utiliser nos données pour simuler et modéliser la propagation d’une épidémie comme celle du coronavirus."

Frédéric Lhostte

Le collecte des données n’a pas qu’une finalité commerciale ?

“Plus récemment encore, nos capacités ont également été mises à disposition dans le cadre de la taskforce « Data against Covid-19 » coordonnée par le Ministère de la Santé et le Ministre de l’Agenda Digital avec les 3 opérateurs mobiles, des sociétés expertes en data science et des épidémiologistes. L’objectif était de donner des indications, dans le respect le plus strict de la vie privée, sur la diminution effective de la mobilité de la population entre différentes communes, la réduction drastique des longs trajets au-delà de 40 km et l’optimisation de la distribution du matériel médical. Ce projet est un exemple parfait de la manière dont les Big Data peuvent être utilisées pour améliorer notre qualité de vie.” “Nous pourrions aussi citer nos solutions pour améliorer la mobilité sur les routes via notre filiale BeMobile ou encore nos solutions de 'Real Time Crowd Management' sollicitées par la police qui assure la sécurité sur de grands événements comme le Tour de France à Bruxelles.”

Qu’en est-il de la confidentialité de toutes ces données ?

“Nous respectons à 100 % le RGPD. Toutes nos solutions sont en conformité avec le cadre de protection de la vie privée. De plus, la sécurité des données est également primordiale. Les données sont donc anonymisées, agrégées et sécurisées.”

On a bien compris l’importance cruciale des données pour les entreprises aujourd’hui. Mais quel est l’avenir de la collecte et de l’analyse des données ?

“Nous sommes véritablement sur une courbe exponentielle qu’il faut canaliser. Il y a de plus en plus d’objets connectés qui transmettent directement des volumes importants de données que nous n’avions pas avant, l’intelligence artificielle se développe très vite et les perspectives d’évolution de l’analyse des données sont réellement immenses. Tous ces éléments vont permettre aux entreprises de devenir plus intelligentes, plus efficaces tout en se réinventant continuellement pour mieux répondre à leurs clients. En général, je suis convaincu que ces nouvelles perspectives seront également utiles pour aider à relever les défis de la société actuelle – ce que nous appelons le ‘Data for good’.”